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Dès son investiture en juin, le président de l'île autonome de Mohéli a érigé le mélange des genres en principe de gouvernement, créant la
confusion entre les affaires publiques de l'île et son business privé. Fils d'un ancien député aujourd'hui décédé et homme d'affaires prospère avant son élection, Mohamed Ali
Saïd, massif, trapu et âgé d'une quarantaine d'années, a fait fortune dans le négoce et le BTP. Sa société de construction Modiaco a raflé la plupart des marchés dans l'île
financés par la Banque mondiale via le Fonds d’appui au développement communautaire (FADC) dont la directrice régionale pour Mohéli n'est autre que sa cousine Mme Rainati.
Fin septembre, le président Mohamed Ali Saïd est parvenu à confisquer pour sa société le marché de la construction du siège de Comores Telecom à Mohéli, lequel avait pourtant été
remporté sur appel d'offres par une firme concurrente, propriété d'un certain Ahmal Maka. Ce dernier a tout d'abord porté le litige devant le tribunal correctionnel de l'île avant
de se déjuger. Suite aux pressions du gouvernement local, assorties de menaces précises sur sa société et son emploi (Maka est le représentant local de la compagnie privée Comores
Aviation), il a fini par retirer sa plainte à la veille de l'audience et a demandé à son avocat, maître Mohamed, de ne pas effectuer le déplacement à Mohéli.
Par ailleurs, le président de l'île loue également ses propres camions au service de l'équipement pour la réalisation de divers travaux publics insulaires. Son épouse s'est
récemment rendue à Dubaï pour acquérir des véhicules en vue de les vendre au gouvernement de Mohéli pour l'usage des ministres. Dans l'île, le président Mohamed Ali Saïd a
instauré une nouvelle taxe, non prévue dans le budget, sur tous les produits provenant d'Anjouan, provoquant ainsi une hausse des prix des denrées de consommation courante. Il
vient en outre d'interdire à son prédécesseur, Mohamed Sad Fazul, de se rendre à Anjouan où ce dernier continue à entretenir de bonnes relations avec le président Mohamed
Bacar.
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