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  • : ILES DE LA LUNE-ACTUALITES DES COMORES
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  • : Ce Blog est un travail collectif. Les articles n'engagent que la responsabilité des auteurs . Les commentaires sont libres dès qu'ils respectent la net-étiquette Le qualificatif îles de la lune est semble-t-il le nom que les navigateurs arabes donnaient à l'Archipel des Comores et qui lui est resté.
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ET MAINTENANT ?

 

Maintenant ?  Il y a ce qu’il faut faire, mais il y a surtout ce qu’il ne faut pas faire et entre ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, l’immense forêt vierge de la rumeur, du soupçon, des rancunes politiques et des petites ambitions imbéciles.

Laissons la de côté pour le moment et voyons les tâches qui nous attendent dans ces premiers pas vers la Nation.

 

1.     D’abord ce qu’il ne faut pas faire

 

A mon sens il ne faudrait à aucun prix, céder à la tentation des petits calculs politiciens qui consisteraient à se dire par exemple que si cette première phase réussissait, cela donnerait tant d’importance à Sambi, qu’il deviendrait incontournable, indéboulonnable.

On se gardera bien de répondre par la question que ne se posent que les naïfs de mon espèce : « et pourquoi faudrait-il le contourner ? Et pourquoi faudrait-il le déboulonner ? »

C’est bien la question, et j’en suis d’accord, mais il serait puéril de se la poser pour la simple raison que les politiciens susceptibles de faire ce calcul se moquent éperdument de tout ce qui dérange leurs petites combines et d’abord évidemment tout ce qui les obligerait à dire qu’ils veulent le pouvoir à n’importe quel prix.

Donc la question ne sera pas posée. Mais on observera que si le chef de l’Etat était lâché en ce moment par la classe politique,

  • le pays vivrait à nouveau un cauchemar. Il se retrouverait seul. La communauté internationale serait dégoûtée non pas de Sambi, mais des Comorais, elle  se découragerait et…vaquerait à d’autres occupations
  • les querelles mesquines si chères aux pêcheurs en eau trouble reprendraient le dessus et nous verrions proliférer les petits clans, s’exacerber les convoitises et les passions, multipliés les peaux de bananes et les crocs-en-jambe.
  • Notre pays qui est en train d reprendre péniblement le contrôle de lui-même se retrouverait à nouveau à la merci de l’Etat français qui en ce moment n’en croit ni à ses oreilles ni à ses yeux. et se demande comment revenir au bon vieux temps.

Je ne serais d’ailleurs pas étonné qu’elle fasse quelques concessions substantielles pour se remettre en selle. Elle pourrait par exemple décider à la surprise générale de rendre Mohamed Bacar à la justice comoraise. La logique veut d’ailleurs qu’elle le fasse car on commence, côté gouvernement, à parler un peu trop de Mayotte, alors pourquoi ne pas jeter le colis encombrant à la mer ?  Peut-être qu’à ce prix éviterait-on le naufrage ? Qui sait ?

  • Mayotte irait tranquillement en 2009, vers son grand destin de minuscule département  d’outremer.

 

Faites le total : vous verrez que la Nation y perdrait tout et l’honneur. Comble de malheur, ceux-là mêmes qui auraient été à l’origine du désastre n’y gagneraient rien, car l’Etat français redevenu arbitre, se substituant au peuple comorien, choisirait parmi ses innombrables courtisans, le plus soumis, le plus malléable, le plus conforme à la politique française du moment. Les autres attendraient leur tour. Vous vous rendez compte ? Cela a toujours été ainsi !.... Et l’on voudrait continuer ?  ....….   ..     

Il ne fait donc aucun doute que la pire chose qui pourrait nous arriver, maintenant, ce serait l’emballement de notre machine politicienne. Nous savons trop comment elle fonctionne et nous devons avoir à son sujet les plus grandes appréhensions.

 

2.     Mais alors que faudrait-il faire ?

 

Bien entendu, soutenir Sambi, qu’on l’aime ou pas, qu’on le veuille ou non, tant qu’il restera. sur le droit chemin.

Je m’empresse d’indiquer, pour prévenir toute équivoque, toute confusion regrettable que je ne fais partie d’aucune « mouvance » ni ne brigue aucun poste. J’ajoute que je n’ai pas voté Sambi, et pas seulement parce que je n’étais pas sur les listes électorales ! J’aurais pu obtenir une ordonnance ! A vrai dire, j’étais circonspect à l’égard de tous les candidats car je n’en connaissais vraiment aucun ! Surtout pas Sambi dont je ne savais comme tout le monde, que l’immense talent oratoire…J’avoue d’ailleurs qu’en la circonstance, ma raison me soufflait de me méfier de son éloquence et que je suis resté sceptique jusqu’au soir du 24 mars  2008.

Ce soir là, j’ai découvert un homme d’Etat, un vrai ! Je me suis dit que ceux qui avaient voté pour lui avaient raison et que si jamais il se représentait, ce serait pour lui que je voterais. Tout simplement.

Cela soulève évidemment le problème très difficile mais absolument inévitable de la révision de la constitution. C’est la première tâche en importance J’y reviendrai dans un prochain article.

 

Aujourd’hui je voudrais dire un mot, un seul, de  la seconde tâche qui nous attend. Elle est seconde en importance, mais elle est la plus urgente, la plus immédiate, c’est sur elle que le monde entier nous jugera d’abord, c’est elle .qui touche et interpelle directement tout comorien où qu’il se trouve, sur le territoire national ou ailleurs. Vous avez deviné : l’organisation du procès des séparatistes.

Il est absolument indispensable que ce procès se déroule aux Comores, devant des juges comoriens compétents et intègres. Qui donc pourra oublier que Bob Denard a été deux fois jugé en France et que deux fois l’Etat comorien  s’est piteusement….. constitué partie civile !!!  devant des juridictions françaises goguenardes qui n’ont jamais compris pourquoi un Etat étranger se déchargeait sur elles du soin de  juger l’homme qui l’avait volé, violé, humilié,tué ses enfants, menacé son existence même ?.  Qui donc pourra oublier qu’hier encore, en 2005, l’Etat comorien a fait à l’Etat français une dénonciation officielle d’autres incursions par les « enfants » du même Bob Denard et qu’il n’y a jamais eu aux Comores un procès pour les mercenaires qui ont envahi Mohéli ? Comment fonctionne le cerveau des dirigeants comoriens ? Et quel crédit pourrait-on accorder à un Etat  absolument incapable d’assurer la fonction primordiale de la justice ?

 

Il faudra bien sûr un choix judicieux des juges, mais c’est surtout le travail du parquet qui sera difficile. Dresser un acte d’accusation dans un procès aussi complexe suppose une enquête préliminaire et une instruction faites à l’abri des vices de procédure qui ne devraient pas échapper aux avocats de la défense.

Ceux-ci, à leur tour, doivent se montrer à la hauteur de la tâche. Le barreau doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les droits de la défense soient scrupuleusement respectés. Le plus dur sera de faire en sorte que tous les accusés, même les plus modestes soient efficacement défendus. Le Bâtonnier devra être saisi officiellement dans ce sens.

Je crois d’ailleurs que l’Ordre des Avocats, malgré un effectif réduit, pourra faire face à la demande. Mais il faudra une collaboration étroite entre les avocats de Moroni et ceux de Mutsamudu.

Ce sera d’ailleurs un des premiers signes de l’unité retrouvée

 

Ali Abdou ELANIOU
AVOCAT
lauréat de la faculté de droit de Bordeaux
Ancien Avocat au Barreau de PARIS  
7 AVRIL 2008
Lundi 7 avril 2008
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