Ainsi, les jeux sont faits et il est indéniable qu'il faille se réjouir du peu de dommages. Certes, 8 civils bléssés, c'est 8 victimes
innocentes de trop, mais dans sa folie, BACAR a refusé le combat, et les armées déployées n'ont pratiquement pas eu à combattre. il faut s'en réjouir, car personne n'est capable de dire ce qu'un
carnage aurait pu signifier dans les inconscients..........
Mais tout n'est pas fini pour autant!
L'URGENT est maintenant de revenir à des formes constitutionnelles normales. A cet effet, il faut donc au plus tôt que les compétences de l'administrateur (horrible mot
colonial) nommé soient clairement définies et approuvées, par l'assemblée Nationale ou tout autre institution légitime, car Anjouan n'a pas vocation à être administrée , mais gouvernée dans le
respect de la Constitution actuelle et de ses institutions insulaires. La nécessité invoquée pour l'action doit se traduire dans la volonté de rétablir le plus rapidement possible un
fonctionnement démocratique et non pas imposé par l'Union via un exécuteur qui ne ferait qu'"administrer"
L'urgent est maintenant de revenir à une véritable gouvernance d'actes et non plus du verbe, sur les trois îles et dans l'Union. car, les problèmes économiques sont toujours aussi criants
aggravés par les sacrifices financiers imposés par ce débarquement.
Le Bilan financier, politique et humain des évènements doit être tiré dans la transparence. Ainsi, il ne serait pas choquant qu'une commission spéciale de nos élus fasse l'inventaire du coût, des
engagements pris ici ou là, et de l'origine des ressources mobilisées. Il ne faudrait pas que l'on découvre dans quelques mois que des accords ont été signés ici où là qui engagent la nation, ou
que des fonds affectés soient manquants , alors que le besoin s'en fait sentir.
l'urgent est ainsi que les élections ayant servi de prétexte à l'intervention, et qui obtenaient consensus à l'UA ou ailleurs soient organisées au plus tôt dans la transparence
des moyens , de la campagne et sous surveillance internationale.
iL ne faudrait pas non plus que les leçons ne soient pas tirées de ces longues années d'errance, de désordre et de concessions soient passées par pertes et profits.
LE JUSTE est donc de rechercher toutes les responsabilités, de sanctionner tous les errements, d'inscrire dans la loi les mesures de prévention et de mettre celles ci en oeuvre
pour le futur . LA cour de sûreté de l'Etat n'existe plus, mais la justice ne sera pas forcément impuissante, en tous cas, il faut que des procédures irréprochables soient mises en place, que ce
ne soit pas les clameurs populaires , génératrices de haine, de désirs de vengeance qui parlent, mais qu'au contraire s'inscrivent , dans l'histoire des formes transparentes, des instants de
vérité qui ouvriront une page d'honneur.
En ce qui concerne la fuite de Bacar et de ses acolytes , il est tout de même paradoxal que son sort n'ait pas été négocié au préalable avec la France, alors que celle-ci apportait un soutien
officiel à l'opération de débarquement. Ainsi, même si beaucoup d'informations manquent, il est choquant de constater que celui ci est réclamé par la rue et non pas par le gouvernement
comorien.
il se murmure que Bacar aurait aussi la nationalité française, et il convient de rappeler que la France n'extrade pas ses ressortissants, ni dans les pays qui appliquent la peine de mort.
LE JUSTE consiste non seulement à exercer des principes moraux , mais aussi dans le cadre de procédures inattaquables. L'habitude prise de faire sous-traiter notre justice par la
France risque de se payer très cher! Le simple risque de voir le droit d'asile accordé à BACAR ferait de lui une victime et le rendrait inattaquable. I L serait donc JUSTE et
URGENT que le gouvernement comorien utilise tous les moyens judiciaires ou diplomatiques à sa disposition pour s'opposer à cela.
De la même façon, s'il est juste que la population comorienne exprime ses craintes et sa rancoeur à l'égard des institutions françaises, il est anormal qu'elle s'en prenne à des citoyens français
ordinaires comme ce fut le cas à MAYOTTE;
Enfin, il est INDISPENSABLE que des formes institutionnelles soient mises en place d'une façon pérenne pour que l'Unité de
la Nation soit affirmée , affermie, par un mode démocratique, que des contre-pouvoirs soient mis en place, que des moyens de contrôle et de sanction soient imaginés pour que le pouvoir
central ne s'exerce pas dans les îles d'une manière verticale ou équivoque, mais qu'une décentralisation intelligente fasse respirer la démocratie, car le jacobinisme est le père du
sécessionisme. Est-il utile de dire que la bonne gouvernance , qu'une politique équilibrée sont la meilleure prévention contre les dérives isolationnistes insulaires?
Enfin le succès du débarquement ne saurait suffire à assurer la réhabilitation de notre armée, qui rappelons le a du faire appel à des aides extérieures et a vaincu sans combattre! Nous ne
pourrons pas faire l'économie de la redéfinition de sa mission, car rappelons le: UNE ARMEE N'A PAS A COMBATTRE SON PROPRE PEUPLE; lorsqu'elle y est contrainte, c'est la rançon d'un
échec cuisant. Nous ne devons pas oublier que la Constitution qui a conduit à la situation a été élaborée pendant un régime militaire, que celui ci a eu en charge la réconciliation nationale et
la reformation nationale, mais qu'il a sacrifié tout cela à des intêrets personnels immédiats. Qu'enfin nous ne saurions permettre davantage l'irruption de personnel militaire dans le jeu
politique, en raison des inévitables accointances de celui-ci avec ses frères d'armes. Il faut donc que l'occupation militaire de l'île d'ANJOUAN soit clairement délimitée et contrôlée.
De même, il serait intolérable que cet épisode tragique puisse servir des intêrets politiques. il s'agissait de sauver l'Unité Nationale et non pas de renforcer un régime. Il est
INDISPENSABLE que les mouvements citoyens ne se laissent pas leurrer par un triomphe populiste et démagogique, car aucune excuse ne sera plus disponible pour expliquer une
gouvernance hasardeuse ou un changement dans les règles démocratiques d'accession au pouvoir
Voici une occasion unique pour le peuple comorien de reconquérir une sagesse perdue, de s'exercer à un patriotisme éclairé loin des pasions, et dans la raison.
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