Voici, le texte d'un droit de réponse apporté par Idriss Mohamed, membre du comité maoré à la rédaction du journal Kashkazi
Droit de réponse à Kashkazi
Une remarque préliminaire : je considère que Kashkazi joue un rôle extrêmement utile dans le pays par les informations, en particulier sur l’île comorienne de Mayotte, les dossiers mais aussi par l’exemple de professionnalisme et de don de soi du jeune couple. Je suis donc un ami de Kashkazi et je lui souhaite plein de succès et longue vie en ce début d’année.
Cela ne m’empêche pas de constater que des éléments tangibles témoignent d’une convergence de fait entre Kashkazi et une certaine France, pas celle de Sarkozy mais une France « bien pensante ». Je les présente sous forme dépouillée pour plus de clarté :
|
Question |
France |
Kashkazi |
Commentaire |
|
Le combat pour le retour de Maore |
De l’extrémisme infécond, il faut assumer les relations de bon voisinage |
Deux dogmes s’opposent : « les intégristes maorais du rejet des Comores et ceux non moins bornés du retour de Maore dans l’ensemble comorien » « Nous (Kashkazi) revendiquons un dialogue entre Maore et ses îles sœurs » |
Ainsi donc nous, les militants du retour de Maore sommes pour les deux acteurs, des extrémistes bornés. Pire pour Kashkazi nous sommes au même niveau que les départementalistes acharnés. |
|
Les militants du retour de Maore |
Quelques centaines, un chiffre est même avancé 300. Les comoriens veulent surtout se rendre à Maore pour améliorer leur sort |
Un petit groupe qui n’arrive pas à mobiliser. « Le peuple comorien a d’autres chats à fouetter » |
C’est très clair |
|
La population de Mayotte |
Elle s’est prononcée pour rester française. Nous respectons cette volonté |
Les militants du retour de Maore font comme si « Maore n’est qu’un caillou vide… » l’île est pourtant « habitée par plus de 160 000 individus dont la grande majorité est pour l’heure opposée à un retour … » |
Le maintien de Mayotte sous administration française est légitimée par l’adhésion des maorais |
|
La France |
Elle ne prend pas part à la question de Mayotte. Elle applique sa loi sur l’autodétermination des populations. |
Kashkazi dénonce les pratiques des forces de police à Maore, critique les positions départementalistes et analyse non sans pertinence les rapports sociaux à Maore |
Le rôle de la France dans le séparatisme maorais (comme dans les autres) est occulté |
1. Ravaler le combat pour la défense de l’unité des Comores au même niveau que celui des départementalistes maorais est profondément injuste, nie des valeurs universellement reconnues et affiche un mépris arrogant envers les lois internationales. Notre droit à défendre dans toutes les circonstances et par tous les moyens l’intégrité territoriale du pays est imprescriptible, c’est notre droit à l’existence. En la matière, nous sommes profondément et irrémédiablement bornés.
2. Le Comité Maore, un petit groupe isolé qui n’arrive pas à mobiliser ! Kashkazi insiste sur le demi échec de la chaîne humaine du 11 novembre pour ridiculiser la « journée nationale Maore », zappant la célébration du 12 novembre qui a vu la salle de fête du Palais du peuple se remplir de simples gens comme d’éminentes personnalités nationales et internationales. Si la presse comorienne a titré sur l’événement, soulignant l’adhésion massive des comoriens ce n’était pas par aveuglement «patriotique ». Si à Moroni on s’en foutait de la question maoraise, le Comité Maore n’aurait jamais réussi à faire autant parler de lui et encore moins à obtenir la résolution du Parlement et son soutien par le Gouvernement de l’Union.
3. Les raisons de « l’attachement » de la plupart des maorais à la France sont connues, elles se nomment misère, mauvaise gouvernance, mal et sous développement, etc. L’assimilation forcée commence à montrer ses limites et conduira à des extrémités sociales dangereuses. La réponse à cette situation doit être recherché dans le développement des 4 îles, pour que ceux des 3 îles n’aillent pas à Maore, pour que ceux de Maore n’aillent pas à la Réunion et/ou en France.
4. Le dialogue des Iles prôné par la France vise à valider un état de fait, la « coupe de la concorde », la participation des maorais aux jeux des Iles, etc. sont de cette veine là. Le dialogue à la sauce française c’est du bon « voisinage » réglé par le visa Balladur, c’est le contrôle des « frontières », etc. Notre peuple entretient et développe, spontanément ses liens malgré Balladur, les autorités françaises. Les échanges d’artistes, de sportifs, les mariages, etc. n’ont jamais cessé même si ils ont reculé. Il y en a même qui font des affaires.
5. Se positionner en forteresse assiégée par des extrémistes ne peut, à mon avis, que fausser le jugement et conduire à des argumentations générales sans rapport avec la situation.
Le combat pour le retour de Maore est de toute évidence complexe et sera long. Il commande de ne pas accepter la loi du plus fort même si l’on doit tenir compte du rapport de forces concret pour mieux s’orienter. Un élu maorais a parlé d’un pays deux systèmes, pourquoi pas ! l’essentiel est de reconnaître la réalité du pays, son existence et de trouver la meilleure voie pour surmonter les fractures, surtout séparatistes et les maux (corruption, népotisme, mal gouvernance, etc.) qui sont à la base de la déliquescence de l’Etat comorien.
Nous militons pour des rapports Comores / France fondés sur le respect de l’intégrité territoriale des 4 îles Comores car alors et alors seulement l’intimité entre nos deux peuples pourra donner toute sa mesure et contribuer à la paix dans notre région.
Idriss
10/01/2007
10/01/2007




Commentaires