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  • : Ce Blog est un travail collectif. Les articles n'engagent que la responsabilité des auteurs . Les commentaires sont libres dès qu'ils respectent la net-étiquette Le qualificatif îles de la lune est semble-t-il le nom que les navigateurs arabes donnaient à l'Archipel des Comores et qui lui est resté.
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  • : 12/12/2006

OU SONT LES LECTEURS

Crédit

La photo de la bannière est de Mustapha ABDOU RAOUF prise à l'occasion de la semaine anti-coloniale en Février 2007
De nombreuses voix ici ou là se sont levées pour dénoncer l'attitude de l'AFRIQUE du SUD lors de la résolution de la crise ANJOUANAISE;

Il faut se souvenir que contrairement à nous l'AFRIQUE DU Sud a les moyens d'avoir une diplomatie souveraine!
Sollicitée pour mener des négociations, des médiations, ce n'est pas demain que la diplomatie comorienne connaîtra le même sort. Ce pays a grandement gagné le droit de s'exprimer, d'émettre ses opinions, ne devant son autonomie qu'à ses propres sacrifices
Nous n'avons pas agréé sa solution, mais cela ne veut pas dire qu'elle avait tort! On peut d'ailleurs se poser la question quand on voit que les forces de Bacar n'ont aucunement résisté et ont fui aux premiers coups de feu, pendant que leurs chefs prenaient la poudre d'escampette. Nous ne le saurons jamais, de toutes façons, puisque la solution sud africaIne n'a pas été mise en oeuvre! Il nous reste maintenant à gérer les excès populaires, ainsi que le comportement des forces "alliées" à ANJOUAN qui commencent à poser problèmes!

Notre diplomatie à nous, faite de compromissions, d'abandons, d'accords honteux négociés en secret ne doit pas nous permettre de porter en dérision et d'accabler de mépris un pays qui tout au long d'une histoire douloureuse et dans sa solution a conservé une dignité sans pareille, un patriotisme et brandi après ceux du sacrifice les drapeaux de l'honneur. Quand on compare les agissements des héros sud africains à ceux de notre politicaille, la honte n'est pas le dernier sentiment qui devrait nous envahir.

Certes, il faut se réjouir que le Président SAMBI ait trouvé une moyen de résoudre le problème anjouanais ( quand à celui du séparatisme, nous le saurons plus tard, car les menaces sur la tournante doivent susciter des inquiétudes sur les éventuelles réactions à MOHELI) N'oublions cependant pas que le Président SAMBI n'a exposé ni sa vie, ni même celle des forces nationales, mais plutôt celles des mercenaires et alliés venus d'ailleurs ce qui ne peut en aucun cas faire de lui un héros !

A plusieurs reprises, l'AFRIQUE du SUD nous a montré son amitié, nous a apporté son aide et SAMBI  et ses partisans ne devraient pas oublier qu'ils doivent son election aux forces Sud Africaines qui ont su parfaitement contrôler le processus electoral, sans débordement.

Et pourtant qui osera se souvenir que notre pays servait de plateforme au détournement de l'embargo contre l'apartheid? Qui osera se souvenir que notre pays abritait , protégeait les organisateurs et les auteurs de l'asassinat de DULCIE SEPTEMBER, avec la complicité bienveillante d'un gouvernement qui monneyait ainsi sa protection.
Par quel cynisme aujourd'hui, certains fanatiques oseraient-ils reprocher à la diplomatie de ce pays de n'être pas pour une fois d'accord avec nous? Car quand bien même, ils ont exprimé leur désaccord, ils n'ont rien fait pour compliquer notre tâche!

Que les donneurs de leçons, ceux qui se laissent abreuver par le fanatisme et l'allégeance à un seul homme, plutôt que par l'adhésion à un patriotisme responsable reflechissent à tout cela! Car dans le couple COMORES-AFRIQUE DU SUD, celui qui a une dette envers l'autre c'est bien nous!!!!
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Lundi 14 avril 2008
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Jeudi 3 AVR 2008-04-07 (La Gazette)

 

QUAND UN PEUPLE RENAIT DE SES CENDRES

 

 

La victoire du 25 mars 2008 n’est pas seulement militaire.

Elle est surtout celle d’une jeunesse  qu’on croyait perdue dans les chimères d’Europe, asphyxiée par les gaz, les images d’un monde occidental qui pourtant la rejette de toutes ses forces…..

On la croyait aveuglée par les oripeaux, les «mirages » et les « mystères » qui dansent dans son horizon…..

On la croyait sourde à la voix de la raison, n’écoutant que les sirènes qui l’appellent dans les kwasa kwasa,  les aéroports, les gares, les banlieues pourries des mégapoles de France…..

 

Oui, il y a dix ans déjà, nous avions vu la même jeunesse brandir des drapeaux tricolores et réclamer le retour de la France  à Anjouan et bien sûr, nous avons eu honte.

Nous pensions peut-être que le mal était circonscrit à Anjouan ; Erreur ! Au même moment, partout aux Comores, et surtout à Mayotte, la même jeunesse envoyait son âme au diable contre un remboursement illusoire. Elle vendait tout jusqu’au dernier mètre carré familial, achetait des faux papiers, et essayait de se faire une nouvelle tête française, dont le destin inéluctable était de se cogner contre le mur des humiliations racistes.   

 

Nous fulminions contre cette jeunesse-là, alors que nous n’étions pas du tout innocents de ce qu’il lui arrivait. Nous l’avions mise au monde, après 1975, après cette « indépendance » abracadabrante dont nous n’avons jamais vu la couleur, nous l’avons abandonnée sans repères, poussée à la mendicité, au mépris d’elle-même, non seulement en ne lui enseignant rien de l’histoire de son pays, mais surtout en oubliant de lui apprendre à l’aimer, pire ! Elle a su de ses pères, en les regardant vivre, l’abandon, la trahison, et….la mendicité  .

Elle tague les murs aujourd’hui, pour exprimer sa colère avec des doigts malhabiles, hésitants, et qui ne maîtrisent rien des mots qu’ils voudraient tracer, pas même l’orthographe. Cela prouve simplement que nous avons manqué à notre premier devoir, l’« éducation », et qu’elle a été privée, elle, de son droit le plus impérieux, le plus absolu.

Nous la condamnions, nous qui n’aurions eu aucune circonstance atténuante  devant aucun tribunal. Nous avions même tendance à la renier, j’allais dire l’excommunier, elle qui n’avait que le tort de nous ressembler.

 

Nous avons pris l’habitude de la voir soumise, veule, lâche et sans ressort. Une image qui avait la délicieuse vertu de nous endormir tous.

Or voici qu’aujourd’hui, nous nous réveillons, devant une jeunesse qui dit « NON ! » à l’humiliation, à la trahison, une jeunesse qui refuse que le gouvernement français nous prenne pour des moutons, qui refuse à grands coups de tags sur les murs, à grands cris dans la rue, que la France, après avoir suscité, préparé et entretenu le séparatisme, après avoir embarqué tout un peuple dans un bateau ivre , se sauve, avec le capitaine, son capitaine, dès les premières vagues du naufrage….Une France qui dit « oui » dans les salles de conférences , et « non » dans les coulisses, qui souffle le chaud et le froid, qui livre des armes aux séparatistes et va chercher dans ses avions les troupes qui les combattent. Une France dont toute la politique consiste à créer et maintenir une instabilité permanente dans les trois îles qu’elle a bien été obligée de nous laisser et une prospérité artificielle dans la quatrième île  qu’elle n’était pas du tout obligée de nous voler

 

Oui ! Cette jeunesse-là, mérite elle aussi notre respect, elle doit enfin prendre sa place dans le pays. Nous devons bien comprendre qu’elle est la troisième composante de la Nation à l’heure de la victoire : Le lundi 24 mars un chef d’Etat prend des responsabilités historiques ; le 25, une armée fait son devoir, le 26 un pays qui se disait ami nous trahit et sauve corps et biens l’homme dont le procès aurait pu guérir tant de blessures. Le 27, notre jeunesse a tout compris, elle descend, spontanément, toute seule, dans la rue et c’est le miracle, 1968 et toutes les années soixante dix refleurissent partout aux Comores, à DZAOUDZI, à MUTSAMUDU, bien sûr, à MORONI, à FOMBONI. Oui ! Mais aussi à ST DENIS à PARIS, LYON, MARSEILLE, dans toutes les grandes villes de France. Où qu’il se trouve, le cœur comorien bat, très, très fort, au rythme d’une histoire qui pendant des décennies semblait l’avoir oublié

 

24, 25,27 mars ! Trois dates, trois glorieuses, trois acteurs, trois héros, une trinité qui sort le pays de ses cendres 

 

C’est le temps de l’euphorie ! Mais celle-ci passée que restera-t-il ?

Je sais que l’ennemi se dit que le feu de paille finira par s’éteindre ! Que l’enthousiasme finira par  tomber d’elle-même, au contact du quotidien, et la lassitude par l’emporter !

J’ai de bonnes raisons de croire qu’il n’en sera rien. L’histoire se répétera peut-être mais pas dans ce sens là. Je vois s’amplifier les raisons d’espérer. Les Comores ont bien changé ! Nous avons aujourd’hui des atouts que nous n’avions pas hier. Il y a des conditions, bien sûr

J’y reviendrai dans un prochain article

 Ali Abdou ELANIOU

Avocat à la Cour

MORONI

     

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Lundi 7 avril 2008
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ET MAINTENANT ?

 

Maintenant ?  Il y a ce qu’il faut faire, mais il y a surtout ce qu’il ne faut pas faire et entre ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, l’immense forêt vierge de la rumeur, du soupçon, des rancunes politiques et des petites ambitions imbéciles.

Laissons la de côté pour le moment et voyons les tâches qui nous attendent dans ces premiers pas vers la Nation.

 

1.     D’abord ce qu’il ne faut pas faire

 

A mon sens il ne faudrait à aucun prix, céder à la tentation des petits calculs politiciens qui consisteraient à se dire par exemple que si cette première phase réussissait, cela donnerait tant d’importance à Sambi, qu’il deviendrait incontournable, indéboulonnable.

On se gardera bien de répondre par la question que ne se posent que les naïfs de mon espèce : « et pourquoi faudrait-il le contourner ? Et pourquoi faudrait-il le déboulonner ? »

C’est bien la question, et j’en suis d’accord, mais il serait puéril de se la poser pour la simple raison que les politiciens susceptibles de faire ce calcul se moquent éperdument de tout ce qui dérange leurs petites combines et d’abord évidemment tout ce qui les obligerait à dire qu’ils veulent le pouvoir à n’importe quel prix.

Donc la question ne sera pas posée. Mais on observera que si le chef de l’Etat était lâché en ce moment par la classe politique,

  • le pays vivrait à nouveau un cauchemar. Il se retrouverait seul. La communauté internationale serait dégoûtée non pas de Sambi, mais des Comorais, elle  se découragerait et…vaquerait à d’autres occupations
  • les querelles mesquines si chères aux pêcheurs en eau trouble reprendraient le dessus et nous verrions proliférer les petits clans, s’exacerber les convoitises et les passions, multipliés les peaux de bananes et les crocs-en-jambe.
  • Notre pays qui est en train d reprendre péniblement le contrôle de lui-même se retrouverait à nouveau à la merci de l’Etat français qui en ce moment n’en croit ni à ses oreilles ni à ses yeux. et se demande comment revenir au bon vieux temps.

Je ne serais d’ailleurs pas étonné qu’elle fasse quelques concessions substantielles pour se remettre en selle. Elle pourrait par exemple décider à la surprise générale de rendre Mohamed Bacar à la justice comoraise. La logique veut d’ailleurs qu’elle le fasse car on commence, côté gouvernement, à parler un peu trop de Mayotte, alors pourquoi ne pas jeter le colis encombrant à la mer ?  Peut-être qu’à ce prix éviterait-on le naufrage ? Qui sait ?

  • Mayotte irait tranquillement en 2009, vers son grand destin de minuscule département  d’outremer.

 

Faites le total : vous verrez que la Nation y perdrait tout et l’honneur. Comble de malheur, ceux-là mêmes qui auraient été à l’origine du désastre n’y gagneraient rien, car l’Etat français redevenu arbitre, se substituant au peuple comorien, choisirait parmi ses innombrables courtisans, le plus soumis, le plus malléable, le plus conforme à la politique française du moment. Les autres attendraient leur tour. Vous vous rendez compte ? Cela a toujours été ainsi !.... Et l’on voudrait continuer ?  ....….   ..     

Il ne fait donc aucun doute que la pire chose qui pourrait nous arriver, maintenant, ce serait l’emballement de notre machine politicienne. Nous savons trop comment elle fonctionne et nous devons avoir à son sujet les plus grandes appréhensions.

 

2.     Mais alors que faudrait-il faire ?

 

Bien entendu, soutenir Sambi, qu’on l’aime ou pas, qu’on le veuille ou non, tant qu’il restera. sur le droit chemin.

Je m’empresse d’indiquer, pour prévenir toute équivoque, toute confusion regrettable que je ne fais partie d’aucune « mouvance » ni ne brigue aucun poste. J’ajoute que je n’ai pas voté Sambi, et pas seulement parce que je n’étais pas sur les listes électorales ! J’aurais pu obtenir une ordonnance ! A vrai dire, j’étais circonspect à l’égard de tous les candidats car je n’en connaissais vraiment aucun ! Surtout pas Sambi dont je ne savais comme tout le monde, que l’immense talent oratoire…J’avoue d’ailleurs qu’en la circonstance, ma raison me soufflait de me méfier de son éloquence et que je suis resté sceptique jusqu’au soir du 24 mars  2008.

Ce soir là, j’ai découvert un homme d’Etat, un vrai ! Je me suis dit que ceux qui avaient voté pour lui avaient raison et que si jamais il se représentait, ce serait pour lui que je voterais. Tout simplement.

Cela soulève évidemment le problème très difficile mais absolument inévitable de la révision de la constitution. C’est la première tâche en importance J’y reviendrai dans un prochain article.

 

Aujourd’hui je voudrais dire un mot, un seul, de  la seconde tâche qui nous attend. Elle est seconde en importance, mais elle est la plus urgente, la plus immédiate, c’est sur elle que le monde entier nous jugera d’abord, c’est elle .qui touche et interpelle directement tout comorien où qu’il se trouve, sur le territoire national ou ailleurs. Vous avez deviné : l’organisation du procès des séparatistes.

Il est absolument indispensable que ce procès se déroule aux Comores, devant des juges comoriens compétents et intègres. Qui donc pourra oublier que Bob Denard a été deux fois jugé en France et que deux fois l’Etat comorien  s’est piteusement….. constitué partie civile !!!  devant des juridictions françaises goguenardes qui n’ont jamais compris pourquoi un Etat étranger se déchargeait sur elles du soin de  juger l’homme qui l’avait volé, violé, humilié,tué ses enfants, menacé son existence même ?.  Qui donc pourra oublier qu’hier encore, en 2005, l’Etat comorien a fait à l’Etat français une dénonciation officielle d’autres incursions par les « enfants » du même Bob Denard et qu’il n’y a jamais eu aux Comores un procès pour les mercenaires qui ont envahi Mohéli ? Comment fonctionne le cerveau des dirigeants comoriens ? Et quel crédit pourrait-on accorder à un Etat  absolument incapable d’assurer la fonction primordiale de la justice ?

 

Il faudra bien sûr un choix judicieux des juges, mais c’est surtout le travail du parquet qui sera difficile. Dresser un acte d’accusation dans un procès aussi complexe suppose une enquête préliminaire et une instruction faites à l’abri des vices de procédure qui ne devraient pas échapper aux avocats de la défense.

Ceux-ci, à leur tour, doivent se montrer à la hauteur de la tâche. Le barreau doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les droits de la défense soient scrupuleusement respectés. Le plus dur sera de faire en sorte que tous les accusés, même les plus modestes soient efficacement défendus. Le Bâtonnier devra être saisi officiellement dans ce sens.

Je crois d’ailleurs que l’Ordre des Avocats, malgré un effectif réduit, pourra faire face à la demande. Mais il faudra une collaboration étroite entre les avocats de Moroni et ceux de Mutsamudu.

Ce sera d’ailleurs un des premiers signes de l’unité retrouvée

 

Ali Abdou ELANIOU
AVOCAT
lauréat de la faculté de droit de Bordeaux
Ancien Avocat au Barreau de PARIS  
7 AVRIL 2008
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Lundi 7 avril 2008
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UN ALLER SIMPLE ......

 
un aller simple pour maoré, le film d'Agnès Fouilleux

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