Maudit pays ! ou pays maudit?
Par on ne sait quelle malédiction, voilà qu'on assiste à l'obligation pour les élus de la nation, nos députés de brandir banderoles et slogans,
d'occuper les places publiques, parce que dans l'exercice de leur mission, ils ne disposent d'aucun dispositif de censure, de contrôle formel sur les actes du pouvoir aussi fondamentaux que celui
de garantir l'intégrité de la nation !
Voilà que nos députés sont jetés à la rue, seul espace qui leur permet de rendre compte au pays de leurs résolutions et de leurs vœux !
Par on ne sait quelle malédiction, voilà qu'un chef d'état, élu démocratiquement pour garantir et appliquer la Constitution qui l'a fait roi la piétine allègrement et se conduit comme un monarque peu soucieux de ses contraintes, s'imaginant investi de tous les pouvoirs et détenteurs de toutes les vérités !
Par on ne sait quelle malédiction voilà que les élites de ce pays se lavent les mains du sort de la nation, de son devenir , incapables d'annoncer le premier projet , incapables de s'investir dans le moindre combat qui dépasserait celui de leur projet personnel et de leur ambition coutumière qui les conduit à vouloir d'abord être roi d'un clan, d'un village !
Par on ne sait quelle malédiction, voilà que les citoyens ordinaires se jettent dans les bras de faux prophètes, et pire encore ne savent pas qu'ils habitent un pays et que la société qu'ils croient flatter et protéger est de celles qui aliènent, qui mutilent, qu'ils fractionnent et divisent au prétexte de se laisser couvrir d'or et d'honneurs !
Par quelle malédiction , ce pays a-t-il été laissé à l'écart des lumières....celles qui dès le 18° Siècle bouleversaient l'Europe et prétendaient conduire à la raison , pour se laisser conduire par les fantasmes, des contraintes sociales impossibles à abolir , la résignation, l'abandon à des gourous impuissants et hypocrites?
Par quelle malédiction la passion des formes a-t-elle supplanté l'idée de progrès, car les concepts de démocratie, de développement ne sont que
des habillages pour les ambitions? Comme dans cet habillage constitutionnel, objet de toutes les palabres, qu'on veut encore et toujours redessiner sans même le remplir de sens, à l'instar de
ceux qui l'ont précédé, mais qui importe si peu au vu de l'analyse de notre vie politique.
On y adopte l'habillage sans en intégrer les valeurs. Il suffit de sauver les apparences, pour que chacun à l'intérieur d'elles puisse conduire ses propres projets qui ne relèvent que du tape à l'œil. Et cependant, combien sont-ils ceux qui arguent de leur liberté sans percevoir qu'ils sont englués dans l'immense toile d'araignée de la coutume......
Pendant que ces vieux qui en appellent à la jeunesse, qui affirment placer l'espoir et le dynamisme dans sa volonté finissent par se rendre un à un aux contingences d'une société faite de particularisme et d'individualisme déguisés en solidarité, le pays continue de mourir et tous ces vivants ne sont que des fantômes. Les pauvres voix qui s'élèvent encore ressemblent à des cris de désespoir dans un fracas de mensonges, de fausses promesses et de revendications vécues comme des exutoires.
Par quelle malédiction, alors que le jeu de quilles des boucs émissaires, de ceux qui à un moment ou à un autre ont failli après avoir fait croire au miracle, personne ne semble percevoir qu'ils ont tous été le produit du modèle social orienté vers le paraître et de fausses valeurs.
Pays de palabres et de disputes incessantes, il ne connait pourtant pas de vie politique. Les ferments en sont encore enfermés dans les
nécessités de la coutume et du chauvinisme quand ce n'est pas du clanisme!




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