La rue bruisse de lassitude, et du cri de "10 ans, c'est assez!"
L'opinion courante est que la crise actuelle entre Anjouan et l'Union des Comores est une crise séparatiste.
N'est ce pas plutôt une crise d'identité ou une crise de pouvoirs?
Le Colonel Bacar pour légitimer ses positions argue de violations de la Constitution de la part du Président Sambi!
Si on ne peut éliminer l'idée selon laquelle cette position relève plutôt du slogan et cache des arrières pensées, il faut reconnaître qu'il n'a pas revendiqué officiellement une rupture institutionnelle avec l'Etat comorien, même s'il l' a établie de fait. Il n'en reste pas moins que des députés anjouanais continuent de sièger dans l'assemblée de l'Union, et que surtout la tournante n'est pas remise en question.
Personne ne songe à nier que des sentiments séparatistes perdurent dans l'île anjouanaise, mais il est évident qu'à part quelques personnes ralliées à Bacar par interêt , c'est surtout la nature de son pouvoir qui est remis en question. Il est difficile de savoir en même temps ce qui prédomine dans la société civile, de ce qui émane de la propagande de la FGA et de l'autorité en place.
Convenons d'un constat simple, c'est que lors de la primaire, le candidat Sambi a récolté un peu moins du quart des votes exprimés, ce qui contredit l'opinion couramment exprimée que les anjouanais se sont prononcés massivement en sa faveur. Rien ne prouve d'ailleurs ques les nombreux abstentionnistes étaient des séparatistes, l'abstention étant courante dur tout le territoire. L'élection finale montre qu'il a aussi été élu avec une grande majorité par les autres îles.
Lors de cette primaire les électeurs anjouanais étaient mieux que quiconque en capacité d'évaluer les mérites à la fois de Sambi, et de Mohamed Bacar et d'appréhender les personnalités des uns et des autres, ainsi que leur vision de l'état fédéral.
Le conflit avec Anjouan ne date pas de l'élection de Sambi, et si ce dernier a évoqué quelquefois la nécessité de l'Union, nul doute qu'il s'agissait de prendre acte qu'il briguait non pas une portion de pouvoir, mais sa plénitude. Il ne pouvait tenir aucun autre discours!
La vérité oblige à dire que lorsqu'on est contraint à des négociations, c'est que quelque chose quelque part n'a pas marché!
La tournante a-t-elle bien fonctionné? Oui, si l'on juge qu'elle a permis d'élire un homme d'Anjouan, non si l'on prend la peine de constater que son esprit a été perverti.
En effet, celle ci n'empêche pas de respecter ce que l'on a pu désigner comme "l'équilibre des îles", qu'on pourra commenter à loisirs, mais qui est admis par consensus par tous. La tournante et l'instauration de vice -présidences visent d'abord à imposer au gouvernement central une répartition équitable des compétences, des pouvoirs, et des ressources entre les îles, non pas seulement dans le temps, mais d'une manière pérenne. Il ne s'agit pas de permettre pendant 4 ans de favoriser une île, pour changer 4 ans après! Il s'agit de mettre au pouvoir pour un temps défini des hommes qui connaissent les spécificités et la réalité du terrain insulaire , les besoins et les aspirations de leurs citoyens. En même temps, il s'agit aussi de respecter la diversité de chaque île. Le choix de Sambi de s'entourer d'abord d'hommes de son clan, de ses proches , de ses régionaux est une grave faute, mal vécue d'abord par les anjouanais avant les autres. C'est la raison pour laquelle, cette crise est aussi une crise d'identité!
On a coutume de dire qu'on négocie depuis 10 ans. Tout le monde a constaté que depuis le référendum constitutionnel, on ne négocie plus la forme de l'état. On négocie des compétences, des ressources, des prérogatives.... et pas seulement avec Anjouan, mais aussi avec les autres îles. Ces dernières années, c'était plutôt un conflit entre l'union et Ngazidja qui était d'actualité, conflit toujours recurrent, semble-t-il et qui fut occulté par les changements d'éxécutifs. On aura noté également que le régime AZALI refusa de faire un casus belli de la resistance anjouanaise, et qu'il préfera combattre EL BAK; Aujourd'hui, Sambi agit de la même façon avec Anjouan, et ce avant même le simulacre d'élection de Bacar. Personne cependant ne se hasarde à qualifier les éxécutifs grands comoriensou mohéliens de séparatistes.
Parlons donc de ces dernières négociations qui auraient lassé Sambi!
Contrairement à Sambi, on voit qu'Azali s'est gardé de livrer à la nation des discours belliqueux, des dénonciations permanentes et de suppliques au monde , tels ceux à quoi on assiste maintenant et qui ont mis en place la guerre du verbe avant la vraie. Quand on a la volonté d'arriver à des solutions pacifiques, on ne jette pas son adversaire en patûre à l'opinion publique .Le discours de Sambi n'évoque d'ailleurs plus les institutions, mais essentiellement les atteintes à la démocratie, quand bien même il sait lui aussi en jouer; mais là, est un autre problème!
Qu'est ce qui était négociable et qu'est ce qui ne l'était pas. On comprend bien hélas que toute négociation implique concession, sinon elle ne sert à rien.
Non négociables
La liberté de se deplacer pour les deux éxécutifs , Sambi à Anjouan, et Bacar dans les autres îles tant qu'il avait une légitimité........ Cette liberté relève d'un principe élémentaire des droits de l'homme, affirmé par les quatre Constitutions en vigueur.
La prééminence de l'Union sur les exécutifs insulaires .
Le principe d'élections libres et transparentes dans les 3 îles.
Pouvaient être négociées:
-les modalités, le calendrier, les prérogatives de l'AND à ANJOUAN , sa mission, son deploiement.
- la mission, le droit d'usage ( y compris au travers une loi ) de la FGA, et pourquoi pas des autres forces insulaires
- le principe de la judiciarisation de son usage.
- le code electoral , qui était une occasion de faire cesser la détestable pratique d'instaurer un code electoral AD HOC à l'occasion de chaque élection. Cela aurait permis d'organiser l'élection anjouanaise à son terme, d'éviter d'avoir à nommer un gouvernement de transition, et d'utiliser les forces de la MAES, encore en place.
Il me semble que plutôt que d'avoir une approche de dialogue, on a assisté depuis l'entrée en lice des organisations internationales à un jeu de pistes de messagers, surtout enclins à transmettre de l'un à l'autre les divers ultimatums ou menaces. Dans un premier temps, la gestion de la crise a été entièrement laissée à l'initiative de l'Ua , sans que les comoriens y soient associés. Pire, on a même tenté d'instaurer l'Union Africaine en juge constitutionnel pour dire le droit de l'un ou de l'autre, ce qui aurait constitué une ingérence pitoyable.
Il est temps de se demander si devant cette lutte de pouvoirs, il n'aurait pas été bon de confier les discussions à des comoriens impliqués légitimement de part et d'autres, plutôt qu' à ces deux chercheurs d'or.
Et, donc, sans doute est-il trop tard, et comme on dit ailleurs...quand le vin est tiré, il faut le boire....
L'opinion courante est que la crise actuelle entre Anjouan et l'Union des Comores est une crise séparatiste.
N'est ce pas plutôt une crise d'identité ou une crise de pouvoirs?
Le Colonel Bacar pour légitimer ses positions argue de violations de la Constitution de la part du Président Sambi!
Si on ne peut éliminer l'idée selon laquelle cette position relève plutôt du slogan et cache des arrières pensées, il faut reconnaître qu'il n'a pas revendiqué officiellement une rupture institutionnelle avec l'Etat comorien, même s'il l' a établie de fait. Il n'en reste pas moins que des députés anjouanais continuent de sièger dans l'assemblée de l'Union, et que surtout la tournante n'est pas remise en question.
Personne ne songe à nier que des sentiments séparatistes perdurent dans l'île anjouanaise, mais il est évident qu'à part quelques personnes ralliées à Bacar par interêt , c'est surtout la nature de son pouvoir qui est remis en question. Il est difficile de savoir en même temps ce qui prédomine dans la société civile, de ce qui émane de la propagande de la FGA et de l'autorité en place.
Convenons d'un constat simple, c'est que lors de la primaire, le candidat Sambi a récolté un peu moins du quart des votes exprimés, ce qui contredit l'opinion couramment exprimée que les anjouanais se sont prononcés massivement en sa faveur. Rien ne prouve d'ailleurs ques les nombreux abstentionnistes étaient des séparatistes, l'abstention étant courante dur tout le territoire. L'élection finale montre qu'il a aussi été élu avec une grande majorité par les autres îles.
Lors de cette primaire les électeurs anjouanais étaient mieux que quiconque en capacité d'évaluer les mérites à la fois de Sambi, et de Mohamed Bacar et d'appréhender les personnalités des uns et des autres, ainsi que leur vision de l'état fédéral.
Le conflit avec Anjouan ne date pas de l'élection de Sambi, et si ce dernier a évoqué quelquefois la nécessité de l'Union, nul doute qu'il s'agissait de prendre acte qu'il briguait non pas une portion de pouvoir, mais sa plénitude. Il ne pouvait tenir aucun autre discours!
La vérité oblige à dire que lorsqu'on est contraint à des négociations, c'est que quelque chose quelque part n'a pas marché!
La tournante a-t-elle bien fonctionné? Oui, si l'on juge qu'elle a permis d'élire un homme d'Anjouan, non si l'on prend la peine de constater que son esprit a été perverti.
En effet, celle ci n'empêche pas de respecter ce que l'on a pu désigner comme "l'équilibre des îles", qu'on pourra commenter à loisirs, mais qui est admis par consensus par tous. La tournante et l'instauration de vice -présidences visent d'abord à imposer au gouvernement central une répartition équitable des compétences, des pouvoirs, et des ressources entre les îles, non pas seulement dans le temps, mais d'une manière pérenne. Il ne s'agit pas de permettre pendant 4 ans de favoriser une île, pour changer 4 ans après! Il s'agit de mettre au pouvoir pour un temps défini des hommes qui connaissent les spécificités et la réalité du terrain insulaire , les besoins et les aspirations de leurs citoyens. En même temps, il s'agit aussi de respecter la diversité de chaque île. Le choix de Sambi de s'entourer d'abord d'hommes de son clan, de ses proches , de ses régionaux est une grave faute, mal vécue d'abord par les anjouanais avant les autres. C'est la raison pour laquelle, cette crise est aussi une crise d'identité!
On a coutume de dire qu'on négocie depuis 10 ans. Tout le monde a constaté que depuis le référendum constitutionnel, on ne négocie plus la forme de l'état. On négocie des compétences, des ressources, des prérogatives.... et pas seulement avec Anjouan, mais aussi avec les autres îles. Ces dernières années, c'était plutôt un conflit entre l'union et Ngazidja qui était d'actualité, conflit toujours recurrent, semble-t-il et qui fut occulté par les changements d'éxécutifs. On aura noté également que le régime AZALI refusa de faire un casus belli de la resistance anjouanaise, et qu'il préfera combattre EL BAK; Aujourd'hui, Sambi agit de la même façon avec Anjouan, et ce avant même le simulacre d'élection de Bacar. Personne cependant ne se hasarde à qualifier les éxécutifs grands comoriensou mohéliens de séparatistes.
Parlons donc de ces dernières négociations qui auraient lassé Sambi!
Contrairement à Sambi, on voit qu'Azali s'est gardé de livrer à la nation des discours belliqueux, des dénonciations permanentes et de suppliques au monde , tels ceux à quoi on assiste maintenant et qui ont mis en place la guerre du verbe avant la vraie. Quand on a la volonté d'arriver à des solutions pacifiques, on ne jette pas son adversaire en patûre à l'opinion publique .Le discours de Sambi n'évoque d'ailleurs plus les institutions, mais essentiellement les atteintes à la démocratie, quand bien même il sait lui aussi en jouer; mais là, est un autre problème!
Qu'est ce qui était négociable et qu'est ce qui ne l'était pas. On comprend bien hélas que toute négociation implique concession, sinon elle ne sert à rien.
Non négociables
La liberté de se deplacer pour les deux éxécutifs , Sambi à Anjouan, et Bacar dans les autres îles tant qu'il avait une légitimité........ Cette liberté relève d'un principe élémentaire des droits de l'homme, affirmé par les quatre Constitutions en vigueur.
La prééminence de l'Union sur les exécutifs insulaires .
Le principe d'élections libres et transparentes dans les 3 îles.
Pouvaient être négociées:
-les modalités, le calendrier, les prérogatives de l'AND à ANJOUAN , sa mission, son deploiement.
- la mission, le droit d'usage ( y compris au travers une loi ) de la FGA, et pourquoi pas des autres forces insulaires
- le principe de la judiciarisation de son usage.
- le code electoral , qui était une occasion de faire cesser la détestable pratique d'instaurer un code electoral AD HOC à l'occasion de chaque élection. Cela aurait permis d'organiser l'élection anjouanaise à son terme, d'éviter d'avoir à nommer un gouvernement de transition, et d'utiliser les forces de la MAES, encore en place.
Il me semble que plutôt que d'avoir une approche de dialogue, on a assisté depuis l'entrée en lice des organisations internationales à un jeu de pistes de messagers, surtout enclins à transmettre de l'un à l'autre les divers ultimatums ou menaces. Dans un premier temps, la gestion de la crise a été entièrement laissée à l'initiative de l'Ua , sans que les comoriens y soient associés. Pire, on a même tenté d'instaurer l'Union Africaine en juge constitutionnel pour dire le droit de l'un ou de l'autre, ce qui aurait constitué une ingérence pitoyable.
Il est temps de se demander si devant cette lutte de pouvoirs, il n'aurait pas été bon de confier les discussions à des comoriens impliqués légitimement de part et d'autres, plutôt qu' à ces deux chercheurs d'or.
Et, donc, sans doute est-il trop tard, et comme on dit ailleurs...quand le vin est tiré, il faut le boire....
par nasal
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Vendredi 1 février 2008
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Je m'appelle Saandia, j'ai 10 ans. Chaque matin, lorsque
je m'eveille, j'ai peur d'entendre les cris de joie de ceux qui m'entourent parce que la guerre a commencé. Mon oncle dit que notre président est devenu sourd et que sa façon d'aimer
ses frères est bizarre. Mais Chabane notre voisin dit que tant que personne n'a été tué, on aura des regrets;
Vous avez réagi!