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  • : ILES DE LA LUNE-ACTUALITES DES COMORES
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  • : Ce Blog est un travail collectif. Les articles n'engagent que la responsabilité des auteurs . Les commentaires sont libres dès qu'ils respectent la net-étiquette Le qualificatif îles de la lune est semble-t-il le nom que les navigateurs arabes donnaient à l'Archipel des Comores et qui lui est resté.
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  • : 12/12/2006

OU SONT LES LECTEURS

Crédit

La photo de la bannière est de Mustapha ABDOU RAOUF prise à l'occasion de la semaine anti-coloniale en Février 2007
La rue  bruisse de lassitude, et du cri de "10 ans, c'est assez!"

L'opinion courante est que la crise actuelle entre Anjouan et l'Union des Comores est une crise séparatiste.
N'est ce pas plutôt une crise d'identité ou une crise de pouvoirs?

Le Colonel Bacar pour légitimer ses positions argue de violations de la Constitution de la part du Président Sambi!
Si on ne peut éliminer l'idée selon laquelle cette position relève plutôt du slogan et cache des arrières pensées, il faut reconnaître qu'il n'a pas revendiqué officiellement une rupture institutionnelle avec l'Etat comorien, même s'il l' a établie de fait. Il n'en reste pas moins que des députés anjouanais continuent de sièger dans l'assemblée de l'Union, et que surtout la tournante n'est pas remise en question.

Personne ne songe à nier que des sentiments séparatistes perdurent dans l'île anjouanaise,  mais il est évident qu'à part quelques personnes ralliées à Bacar par interêt , c'est surtout la nature de son pouvoir qui est remis en question. Il est difficile de savoir en même temps ce qui prédomine dans la société civile, de ce qui émane de la propagande de la FGA et de l'autorité en place.
Convenons d'un constat simple, c'est que lors de la primaire, le candidat Sambi a récolté un peu moins du quart des votes exprimés, ce qui contredit l'opinion couramment exprimée que les anjouanais se sont prononcés massivement en sa faveur.  Rien ne prouve d'ailleurs ques les nombreux abstentionnistes étaient des séparatistes, l'abstention étant courante dur tout le territoire. L'élection finale montre qu'il a aussi été élu avec une grande majorité par les autres îles.

Lors de cette primaire les électeurs anjouanais étaient mieux que quiconque en capacité d'évaluer les mérites à la fois de Sambi, et de Mohamed Bacar et d'appréhender les personnalités des uns et des autres, ainsi que leur vision de l'état fédéral.
Le conflit avec Anjouan ne date pas de l'élection de Sambi, et si ce dernier a évoqué quelquefois la nécessité de l'Union, nul doute qu'il s'agissait de prendre acte qu'il briguait non pas une portion de pouvoir, mais sa plénitude. Il ne pouvait tenir aucun autre discours!
La vérité oblige à dire que lorsqu'on est contraint à des négociations, c'est que quelque chose quelque part n'a pas marché!
La tournante a-t-elle bien fonctionné? Oui, si l'on juge qu'elle a permis d'élire un homme d'Anjouan, non si l'on prend la peine de constater que son esprit a été perverti.
En effet, celle ci n'empêche pas de respecter ce que l'on a pu désigner comme "l'équilibre des îles", qu'on pourra commenter à loisirs, mais qui est admis par consensus par tous. La tournante et l'instauration de vice -présidences visent d'abord à imposer au gouvernement central une répartition équitable des compétences, des pouvoirs, et des ressources entre les îles, non pas seulement dans le temps, mais d'une manière pérenne. Il ne s'agit pas de permettre pendant 4 ans de favoriser une île, pour changer 4 ans après! Il s'agit de mettre au pouvoir pour un temps défini des hommes qui connaissent les spécificités et la réalité du terrain insulaire , les besoins et les aspirations de leurs citoyens. En même temps, il s'agit aussi de respecter la diversité de chaque île. Le choix de Sambi de s'entourer d'abord d'hommes de son clan, de ses proches , de ses régionaux est une grave faute, mal vécue d'abord par les anjouanais avant les autres. C'est la raison pour laquelle, cette crise est aussi une crise d'identité!
On a coutume de dire qu'on négocie depuis 10 ans. Tout le monde a constaté que depuis le référendum constitutionnel, on ne négocie plus la forme de l'état. On négocie des compétences, des ressources, des prérogatives.... et pas seulement avec Anjouan, mais aussi avec les autres îles. Ces dernières années, c'était plutôt un conflit entre l'union et Ngazidja qui était d'actualité, conflit toujours recurrent, semble-t-il et qui fut occulté par les changements d'éxécutifs. On aura noté également que le régime AZALI refusa de faire un casus belli de la resistance anjouanaise, et qu'il préfera combattre EL BAK; Aujourd'hui, Sambi agit de la même façon avec Anjouan, et ce  avant même le simulacre d'élection de Bacar. Personne cependant ne se hasarde à qualifier les éxécutifs grands comoriensou mohéliens  de séparatistes.

Parlons donc de ces dernières négociations qui auraient lassé Sambi!
Contrairement à Sambi, on voit qu'Azali s'est gardé de livrer à la nation des discours belliqueux, des dénonciations permanentes et de suppliques au monde , tels ceux à quoi on assiste maintenant et qui ont mis en place la guerre du verbe avant  la vraie. Quand on a la volonté d'arriver à des solutions pacifiques, on ne jette pas son adversaire en patûre à l'opinion publique .Le discours de Sambi n'évoque d'ailleurs plus les institutions, mais essentiellement les atteintes à la démocratie, quand bien même il sait lui aussi en jouer; mais là, est un autre problème!
Qu'est ce qui était négociable et qu'est ce qui ne l'était pas. On comprend bien hélas que toute négociation implique concession, sinon elle ne sert à rien.
Non négociables
La liberté de se deplacer pour les deux éxécutifs , Sambi à Anjouan, et Bacar dans les autres îles tant qu'il avait une légitimité........ Cette liberté relève d'un principe élémentaire des droits de l'homme, affirmé par les quatre Constitutions en vigueur.
La prééminence de l'Union sur les exécutifs insulaires .
Le principe d'élections libres et transparentes dans les 3 îles.

Pouvaient être négociées:
-les modalités, le calendrier, les prérogatives de l'AND à ANJOUAN , sa mission, son deploiement.
- la mission, le droit d'usage ( y compris au travers une loi ) de la FGA, et pourquoi pas des autres forces insulaires
- le principe de la judiciarisation de son usage.
- le code electoral , qui était une occasion de faire cesser la détestable pratique d'instaurer un code electoral AD HOC à l'occasion de chaque élection. Cela aurait permis d'organiser l'élection anjouanaise à son terme, d'éviter d'avoir à nommer un gouvernement de transition, et d'utiliser les forces de la MAES, encore en place.

Il me semble que plutôt que d'avoir une approche de dialogue, on a assisté depuis l'entrée en lice des organisations internationales à un jeu de pistes de messagers, surtout enclins à transmettre de l'un à l'autre les divers ultimatums ou menaces. Dans un premier temps, la gestion de la crise a été entièrement laissée à l'initiative de l'Ua , sans que les comoriens y soient associés. Pire, on a même tenté d'instaurer l'Union Africaine en juge constitutionnel pour dire le droit de l'un ou de l'autre, ce qui aurait constitué une ingérence pitoyable.
Il est temps de se demander si devant cette lutte de pouvoirs, il n'aurait pas été bon de confier les discussions à des comoriens impliqués légitimement de part et d'autres, plutôt qu' à ces deux chercheurs d'or.

Et, donc, sans doute est-il trop tard, et comme on dit ailleurs...quand le vin est tiré, il faut le boire....




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Vendredi 1 février 2008
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Les dés semblent jetés, et il ne reste plus  qu'à souhaiter le succès de l'AND, et le "rétablissement de l'ordre" à Anjouan.
Les plus vieux se souviennent que cet euphémisme  était celui qu'utilisaient  les  autorités françaises pour  désigner la guerre d'Algérie, et il ne reste à esperer que  cette guerre  annoncée ne finisse pas en "accords d'EVIAN" .
Et, donc : quel ordre à Anjouan?
Tout le monde espère qu'enfin des élections libres pourront être organisées sous l'égide ou non de la Communauité Internationale, tant il est certain que les moyens financiers manqueront ! On ose croire que le Président Sambi s'est dores et déjà assuré de les obtenir , au risque de voir s'installer une interminable période de transition.

La transition ? Par qui sera-t-elle assurée? Par l'équipe mise en place par Bacar, agréée par la Cour Constitutionnelle et qui fut celle qui organisa l'election mascarade de Bacar, ou par celle qu'avait tenté de mettre en place Sambi, qui semble-t-il constitue désormais son fameux "Comité de Liberation d'aNjouan". ? Question épineuse, car c'est elle qui conditionne la faisabilité du rétablissement des institutions! A moins que Sambi, arguant de sa "citoyenneté" anjouanaise ne décide de placer directement l'île sous le chapeau du gouvernement de l'Union, dénaturant ainsi la Constitution . On aurait aimé que cette volonté de debarquement s'accompagne aussi de quelques propositions.
Que va-t-on faire des rebelles? Les tuer, les contraindre à l'exil, les emrisonner et les juger, les rendre inéligibles?
Autant d'hypothèses posées et non résolues!

Les divergences ayant conduit à la crise sont elles résolues? Rien n'est moins sur?  IL est certain que les forces de sécurité de l'île devront un jour être installées, et que l'on voit mal une occupation militaire se prolonger à Anjouan, et il faudra bien tenir compte des frustrations de la FGA et de ses eventuels renegats

Quelle sera la longévité du futur président d'Anjouan ? Devra-t-il seulement assurer la transition jusqu'à de prochaines elections ou disposera-t-il d'un mandat plein?


Reconstruire l'île ? Avec quels fonds ? Reconstruire l'unité nationale? Pas seulement avec des discours, mais aussi avec une solidarité sans faille des autres îles qu'elles devront accepter.
IL ne faudrait pas non plus que les prochaines elections législatives passent à la trappe, et il ne faudrait pas non plus qu'à l'occasion de réformes constitutionnelles l'île de Mohéli voit son tour passer.

Tous les silences de Sambi au sujet des lendemains anjouanais interpellent? POur gagner l'adhésion de la population , encore partagée, il aurait du avancer avec un plan transparent et des propositions concrètes, approuvées par les élus. Il serait douteux que son rêve de defiler dans Mutsamudu en libérateur suffise à lui assurer un consensus durable.

S'il échoue, malheur à lui, car les conséquences en seraient incalculables, et surtout malheur à notre pays.
Enfin, on ne saurait oublier que le sentiment national et unitaire ne pourra s'installer définitivement qu'à condition que la question mahoraise soit réactivée de la façon la plus éclatante  , soit au moment d'eventuelles négociations post-crises , car les errements de tout ordre de l'île d'Anjouan n'auraient pu se manifester si on n'avait pas laissé cette question en sommeil!

ET, comme le dit il y a des siècles un empereur: "alea jacta est!"undefined
















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Mercredi 30 janvier 2008
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afrique-depardon_5-copie-1.jpg Je m'appelle Saandia, j'ai 10 ans.  Chaque matin, lorsque je m'eveille,  j'ai peur d'entendre les cris de joie  de ceux qui m'entourent parce que la guerre a commencé. Mon oncle dit que notre président est devenu sourd et que sa façon d'aimer ses frères est bizarre. Mais Chabane notre voisin dit que tant que personne n'a été tué, on aura des regrets;

MOn grand frère essaie de m'expliquer la guerre. Mais moi, je pense à ma cousine, je pense à son village;  est ce que tous ces gens qui crient ont aussi des cousins et un village?

Papa et maman discutent fort,  ils parlent d'écolage et du sac de riz. En plus, j'ai cassé mon crayon!  Mais eux, ils ne parlent pas de la guerre! Peut-être que si demain, il y a la guerre, ils ne discuteront plus, peut-être que l'écolage n'existera plus et que le riz ne sera pas cher. Mon grand père m'a raconté qu'une fois, il y a eu une petite guerre, et que tout le monde chantait, mais qu'après tout le monde se plaignait encore.  J'espère que cette fois, cela ne sera pas pareil et que je reverrais ma cousine, et que mon oncle reverra sa femme. Maintenant, je comprends pourquoi il y a tant de soldats et à quoi ils servent!

Recueilli par SOIFIA


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Jeudi 24 janvier 2008
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UN ALLER SIMPLE ......

 
un aller simple pour maoré, le film d'Agnès Fouilleux

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