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  • : ILES DE LA LUNE-ACTUALITES DES COMORES
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  • : Ce Blog est un travail collectif. Les articles n'engagent que la responsabilité des auteurs . Les commentaires sont libres dès qu'ils respectent la net-étiquette Le qualificatif îles de la lune est semble-t-il le nom que les navigateurs arabes donnaient à l'Archipel des Comores et qui lui est resté.
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  • : 12/12/2006

OU SONT LES LECTEURS

Crédit

La photo de la bannière est de Mustapha ABDOU RAOUF prise à l'occasion de la semaine anti-coloniale en Février 2007
Certes, il  peut paraître un peu  aventureux  d'évoquer  ce sujet, alors même que les opérations décisives à Anjouan n'ont pas débuté!  Néammoins, les déclarations dans sa dernière conférence de presse d'un chef d'état major décidemment bien bavard  interpellent.
Citons le:
« L'AND fera donc ce qui est nécessaire, pour préserver la sécurité et la paix civile et faire respecter la Loi, en instaurant, au besoin et aussi longtemps qu'il le faudra, un couvre feu jusqu'à ce que la Justice soit en mesure de faire son travail ».
« Ceux qui pensent que le débarquement ne se justifie pas doivent bien admettre malheureusement que toutes les voies ont été épuisées et que Mohamed Bacar n'a même pas daigné saisir la dernière chance qui lui a été offerte » a poursuivi le Chef d'Etat-major.


Disons tout de suite qu'un chef militaire n'a pas à légitimer son emploi. La seule raison qui légitime son rôle, c'est qu'il est là pour obéir.....ses compétences se limitent à imaginer une stratégie et à la mettre en oeuvre. Ce n'est pas à lui de décider s'il reste le seul recours possible dans un conflit, surtout quand il s'agit de combattre son propre peuple.  Sinon, on est en droit de lui demander jusqu'à quel point, l'armée qui est employée contre des civils et qui n'hesite pas quelquefois à tirer contre des manifestants est dans un rôle autre que celui de la simple obéissance aux ordres, étant entendu que le rôle d'une armée n'est pas de defendre un Régime, mais un pays, une nation.
Ainsi, payé pour obéir et faire ce qu'on lui demande, il n'a pas à porter d'appréciation !


Ceci dit, il sort de son rôle en se positionnant en partie prenante dans un conflit institutionnet, et donc il est légitime de se demander quel sera sa position dans l'après conflit.

Contenir les élements éventuels de la rebellion qui subsisteraient! Soit!
Quoi qu'il en soit, c'est notre législation qui devra determiner le sort des rebelles, et non pas le chef d'état major. C'est à la lecture de notre code pénal que les sanctions devront être décidées, et s'il faut les livrer à la justice, ce n'est pas au chef d'état major d'en décider, pas plus qu'il ne lui appartient de juger si notre justice est en mesure de faire son travail. Il y a là une arrogance qui bafoue la démocratie qu'il pretend vouloir restaurer. L'armée n'est qu'un instrument de defense et ne sera jamais un instrument démocratique.

De la même façon, le couvre-feu ne peut être décidé par un militaire, mais par le seul gouvernement, le militaire n'étant là que pour le faire respecter s'il en a reçu l'ordre.

Le rôle de notre armée, sujet à controverse depuis longtemps restera plus que jamais d'actualité. S'il est évident qu'une occupation militaire de l'île d'Anjouan sera instaurée, elle ne saurait s'accompagner d'une administration militaire qui disposerait des libertés !
Alors même qu'il est question que le commandement des forces alliées soit remis à la Tanzanie, il ne faudrait pas que notre chef d'état major prenne sa revanche en instaurant à Anjouan des debordements facheux,  ni même que le Président Sambi  se laisse déborder par lui, car quoi qu'on en dise, il y a bien à Anjouan, comme dans les autres îles, une opposition à ce dernier. Le sacrifice qui est demandé à la nation avec ce debarquement, les renoncements induits dans cette guerre fratricide ne sauraient faire le jeu de profiteurs, fussent-ils armés.
Evoquant les deux alternatives qui restaient à Bacar... le colonel Salimou a par ailleurs déclaré: " je préfère qu'il nous attende", montrant ainsi que le débarquement était devenu une fin en soi , plutôt que la résolution du conflit, ce qui laisse ouverte la question des éventuels profits que certains souhaiteraient en tirer, qu'il s'agisse de gloire ou de pouvoir.
L'objectif reste et doit rester celui du respect du droit, de la Constitution, de l'Unité du pays, et du droit des anjouanais à exercer librement leur droit de vote.




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Mardi 18 mars 2008
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 Mkolo! Nalawe!

Clameur surgie de nos inconscients, nous n'imaginions pas que le prix en serait du sang et des larmes, le simple prix de l'échange!

Nous ne reviendrons pas sur les péripéties formelles de la création de notre pays, nous ne reviendrons pas sur les divers types de gouvernance , mot inventé par un ancien ministre des colonies français devenu un jour président de cette république qui nous a soumis et mutilés.

Nous ne reparlerons pas de cette île confisquée par la volonté de quelques affairistes même s'il faudrait encore et toujours en parler!

Mkolo Nalawe! Aujourd'hui c'est à  l'endroit de nos dirigeants, de notre classe politique que nous devrions porter ce cri ..à l'endroit de tous ceux qui ont voulu nous faire croire qu'il suffisait d'avoir un drapeau, un hymne et un siège à l'ONU...pour être souverain
Qu'est ce qui fait la souveraineté d'un pays, à cette heure où la sujetion a changé de visage, de couleur?

Une Constitution voulue et adoptée par le peuple, une armée, une diplomatie courageuse, une autosuffisance budgétaire, un droit  national, une monnaie!

La Constitution, parlons en!
Nous en avons consommé 6, si l'on tient compte des artefacts des périodes  ALI SOILIHI et du putsch AZALI. La moitié a été directement dictée ou inspirée par l'ex colonisateur. Le peuple dans une de ses representations n'en a élaboré qu'une ( table ronde constitutionnelle de 1991) et encore, elle a été adoptée et promulguée sans vote. Elles n'ont pour la plupart pas été respectées, et les institutions prévues incomplètement mises en place.  Non, le peuple comorien n'a été qu'exceptionnelement souverain!


Nous ne finançons pas nous mêmes nos élections, ou nous sommes incapables d'en contrôler la régularité à moins de faire appel à des observateurs non comoriens .!


Nous entretenons à grand coût une armée, des corps militaires depuis des décennies qui se sont toujours révélés  incapables de defendre nos institutions, quand ils ne s'en sont pas pris à elles, qui hormis quelques mercenaires isolés a tué essentiellement des comoriens et qui le jour où nous décidons de l'utiliser se révèle inapte à sa mission et nous oblige à demander une aide militaire à des voisins qui comble de l'humiliation en prennent le commandement. ( 1)Tout cela, alors même que nous avons signé avec le colonisateur des accords de défense, preuve s'il en est que cette armée est au service des dirigeants et non pas à celui du pays    Que d'argent, que de sacrifices pour un si piêtre résultat!


Nous  avons adhéré à de multiples organisations internationales dont nous ne parvenons pas à assumer les charges, et notre voix n'existe pas. Nous avons confondu la coopération et la diplomatie et nous pratiquons la politique du ventre sans nous soucier des contreparties. .Pire, nous venons d'ériger en mode de gouvernement la mendicité génaralisée ! Après plus de 30 ans d'indépendance, nous n'avons pas réussi à soumettre la question de Mayotte aux institutions  internationales et à nous assurer des soutiens nécessaires, laissant le problème à la charge de la société civile.


Nous nous laissons imposer par l'étranger ou le monde nos réformes, nos règles budgétaires et nous encaissons sans vergogne les diverses subventions ou aides sans les utiliser à leur destination. Ainsi nous ne disposons toujours pas d'un état civil probant et c'est le consul de France qui authentifie nos documents.

En plus de 30 ans d'indépendance, nous n'avons pas été capables de nous doter de règles juridiques propres et continuons à utiliser les règles et lois coloniales.

Nous ne maitrisons pas notre monnaie, et le fonctionnement de notre banque centrale est contrôlé par Paris. Certes d'autres pays ont renoncé à la leur , en Europe par exemple, mais au moins la garantie  est cogérée et administrée par un organe indépendant.
Nous  sacrifions notre langue nationale à l'arabe et au français

Non, nos gouvernants ne portent ni notre honneur, ni notre destin. Ils ne font que balotter notre pays aux vents des influences etrangères, et quand ils font mine d'y renoncer, c'est simplement pour s'adouber à de nouveaux maîtres.

Oui, c'est d'eux que nous devons exiger notre souveraineté ! qu'elle soit inspirée de la démocratie, de l'honneur et d'espoir

(1) D'après RFI, le commandement du corps expéditionnaire devant se rendre à  Anjouan sera exercé par l'état major tanzanien!






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Mercredi 12 mars 2008
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Le silence est soudain aussi étourdissant que l'ont été les déclarations arrogantes des dernières semaines. 

Souvenons nous!  Pour vaincre l'attentisme des organisations internationales,  le Président Sambi faisait état à la tribune de l'union Africaine de son droit régalien d'utiliser les moyens militaires pour  abattre le pouvoir   Anjouanais  illégitime,  droit que personne n'oserait lui contester., pas plus que la souveraineté de l'Etat comorien. 
Ils ne sont pas si nombreux les pays qui sollicitent d'organisations internationales, le droit d'user des armes contre leur propre peuple. D'ordinaire, ils engagent le combat d'abord, et se justifient ensuite. Gageons que ce précedent fera école auprès de quelques dictateurs, que les opérations de pacification de la communauté internationale ont de beaux jours devant elles, et que les ingérences risquent de devenir le nouveau mode de gouvernance mondial.
Dans le même temps,  dans le pays même, on vouait aux gémonies tous les pacifistes,  désignés en gros comme des traitres, des ennemis intérieurs, méprisant leurs arguments, pendant que moultes démonstrations, manoeuvres, et autres déclarations tonitrunates de responsables militaires assuraient le bon peuple de la quasi-invincibilité de notre armée, jusqu'à ce que dans une sorte d'hystérie collective, la population se mue en une marée vengeresse.


Les semaines, les jours passant, le pouvoir anjouanais utilise alors la seule arme dont il dispose, les exactions et les agressions barbares contre ses opposants , justifiant ainsi à postériori le choix du pouvoir de l'Union, et soudain les effets se confondent avec les causes. 


Les semaines, les jours passant, le pouvoir  central vient ainsi de réveler qu'en réalité, il était habité par le doute en ce qui concerne le succès de son opération et donc que l'immobilisme qui sévit est la conséquence des secours annoncés, sollicités et accueillis comme du pain chez le pauvre.

Quels secours? Sans parler du Senegal, qui est souvent le bras armé de la Françafrique, confronté chez lui  au problème de la Casamance, de la Tanzanie qui garde à l'oeil Zanzibar et qui s'offre ainsi une répétition générale, de la Lybie qui a monnayé son aide contre un soutien à ses vues sur le devenir de l'Union Africaine, et du Soudan qui voudrait racheter sa politique au Darfour et peut-être s'assurer un soutien, aucun des grands pays qui ont une voix internationale, l'Egypte, l'Afrique du Sud, le Nigeria ...n'ont apporté leur soutien. Quand à la France, dont l'aide est si parcimonieusement  ciblée, il ne fait de doute pour personne, qu'elle tient d'abord à s'assurer un siège dans les négociations qui suivront et à contrôler les conséquences de la situation à Anjouan pour l'équilibre mahorais


Il n'est plus temps de s'interroger sur la  légitimité  du débarquement, les dés ayant été jetés,   d'autant plus que toutes ces gesticulations ont d'abord pour effet  de  fragiliser la population anjouanaise sur laquelle Mohamed Bacar  accentue la pression et les exactions , en représaille.


Fallait-il donc ainsi internationaliser ce conflit, ce qui a été fait dès le début?  Certes, les organisations internationales  étaient garantes  du bon déroulement des élections,  de la mise en place de nos institutions, et donc de ce fait , elles sont également responsables de l'échec! Mais  ce n'était ni lemacabre.jpg Soudan, ni la Lybie, ni  la Tanzanie, ni le Senegal qui étaient en charge de notre réconciliation.  Ces quatres pays n'ont pas mandat de l'union Africaine, de l'Union Européenne  et de ceux qui nous ont parrainés et dont nous avions accepté le rôle. Nous offrons ainsi au monde le spectacle de  notre impuissance,. de notre amateurisme, de nos contradictions, après celui de notre pauvreté absolue;

Peut-on à la fois arguer de notre souveraineté,  renvoyer  nos parrains contre le mur, et s'engager dans un processus marginal  d'alliances ad hoc pour  construire  le pays?
Pays souverain, nous avons le devoir de nous prendre en charge, dès lors que nous subissons un trouble interne, et ne pas tenter de nous faire imposer des solutions par d'autres!  Notre diplomatie est celle de l'échec, elle ne répond à aucun principe commun.  Elle est celle du pique assiette, et comporte ainsi tous les risques. Nous assistons au retour des mercenaires sans que cela interpelle quiconque. L'exiguité du pays ne nous dispense pas de la cohérence diplomatique, de l'ambition et de l'honneur .

Les enjeux de notre developpement ont disparu soudain, même si l'unité de notre pays en est la condition, mais il convient aussi de se demander si après cela, nous en garderons la maîtrise !

Des voies s'élèvent pour que les "traitres" anjouanais soient chatiés...pourquoi pas? La vraie trahison date de 2007, date des élections volées, puisqu'ils disposaient avant cela de la légitimité populaire. Si d'éventuelles punitions devaient s'exercer pour ce qui est antérieur à cette date, alors, il faudrait faire la même chose pour tous ceux qui ont exercé le pouvoir à la même époque, et qui ont aussi à un moment ou un autre oeuvré contre l'unité nationale, ceux qui ont signé les accords scélérats au sujet de Mayotte avec la France.... par exemple...
encore faut-il que notre droit pénal prévoie expressement ces crimes, et leur punition , car on ne peut pretendre vouloir rétablir la légalité et ignorer les textes. Ceux qui ont trahi les textes devront être jugés avec les textes et non par l'exaspération populaire. Quand à la qualité de la gouvernance qu'il faudrait juger , seul des succès éclatants pourraient nous en fournir le droit, hormis la sanction de la corruption qui a touché toutes les strates des pouvoirs.

Cependant, il convient de se demander si on peut obtenir une réconciliation et un apaisement en empruntant les chemins de la haine. Près de nous un très grand pays,  a su faire la paix avec son histoire avec ces commissions de "paix et reconciliation ";  la reconnaissance des fautes, la demande de pardon et l'exclusion de la vie citoyenne pourraient déjà être des armes honorables.  Comme le réclame avec juste raison Idriss Mohamed , pour l'avenir, il faudra bien que nous nous dotions des instruments juridiques pour prévenir au lieu d'être obligés de punir dans le sang.

Plus que l'angoisse du  débarquement, c'est celle de nos lendemains que nous devrions redouter. Il convient certes de nous liberer du népotisme, de l'aventurisme, mais aussi de nous doter d'une vision et d'un projet commun. Le silence qui suit le bruit des armes est quelquefois plus terrible que celui qui l'a précédé.


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Mardi 11 mars 2008
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UN ALLER SIMPLE ......

 
un aller simple pour maoré, le film d'Agnès Fouilleux

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